- Nantes
Mettre un bien en location ne consiste pas seulement à publier une annonce et à sélectionner un locataire. Avant même la première visite, une question stratégique se pose : faut-il réaliser des travaux avant de louer son appartement ?
Dans un contexte de tension locative dans certaines zones, de réglementation énergétique renforcée et d’exigence croissante des locataires, la qualité du logement devient un facteur déterminant. Réaliser des travaux de rénovation avant mise en location peut améliorer la rentabilité, réduire la vacance locative, sécuriser la conformité réglementaire et optimiser la fiscalité.
À l’inverse, louer un appartement sans rénovation préalable peut entraîner des loyers sous-optimisés, un turn-over élevé, des impayés plus fréquents et des travaux d’urgence plus coûteux.
Ce guide propose une analyse technique et structurée pour comprendre pourquoi faire des travaux avant de louer, quels types de rénovations privilégier, quel budget prévoir et comment optimiser la performance globale.
Avant toute chose, un logement mis en location doit répondre à des critères précis de décence définis par la réglementation. Ces exigences couvrent notamment :
Le DPE (diagnostic de performance énergétique) est devenu un élément central. Les logements les plus énergivores sont progressivement exclus du marché locatif. Dans la pratique, un mauvais DPE complique la mise en location : plus de négociations, plus de vacance, plus de turnover et des locataires plus sensibles aux charges.

Réaliser des travaux avant de louer permet donc de sécuriser la conformité (sécurité, salubrité) et d’anticiper les évolutions réglementaires qui impactent directement la capacité à louer.
COMMENT PASSER D’UN DPE « G » À UN DPE « C » ?

La première valeur créée par des travaux avant location est souvent simple : un loyer plus élevé. À bien comparable, un logement rénové attire plus vite et justifie un meilleur positionnement locatif, à condition que le marché local le valorise.
Les locataires arbitrent en quelques secondes sur des critères très visibles :
| Situation | Loyer mensuel (exemple indicatif) | Écart annuel |
|---|---|---|
| Appartement non rénové | 700 € | + 1 440 € / an |
| Appartement rénové | 820 € |
Sur 10 ans, l’écart théorique dépasse 14 000 € (hors indexation), ce qui peut amortir une part significative du budget travaux, tout en améliorant la qualité du locataire et la stabilité.
La vacance locative est l’un des coûts les plus sous-estimés. Un mois sans locataire, c’est :
Plus le bien est “standard” et rénové, plus il se loue vite. À l’inverse, un logement fatigué cumule les handicaps : il attire moins, met plus de temps à se louer et génère plus de négociation sur le prix.
Le turn-over coûte cher : état des lieux, remise en peinture, petites réparations, gestion. Réaliser des travaux avant de louer permet souvent d’augmenter la durée moyenne d’occupation, car le locataire se projette mieux et supporte moins de défauts au quotidien.
| Loyer mensuel | Vacance annuelle | Perte brute |
|---|---|---|
| 800 € | 1 mois | 800 € |
| 800 € | 2 mois | 1 600 € |
Dans une stratégie patrimoniale long terme, réduire la vacance est parfois plus rentable qu’augmenter légèrement le loyer.
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Tous les travaux ne se valent pas. L’objectif n’est pas de “faire du neuf partout”, mais de prioriser les rénovations qui augmentent réellement la valeur locative, réduisent les risques et sécurisent l’exploitation.
Les travaux techniques ne “se voient” pas toujours sur les photos, mais ils évitent les urgences coûteuses et les conflits locatifs (dégâts des eaux, moisissures, panne de chauffage).
Les travaux avant mise en location peuvent aussi être un levier d’optimisation fiscale, à condition de respecter les règles de déductibilité selon le régime choisi.
En location nue au régime réel, certains travaux (entretien, réparation, amélioration) peuvent être déduits des revenus fonciers. En cas de déficit, une partie peut être imputée sur le revenu global dans la limite annuelle applicable.

Le déficit foncier est particulièrement utile pour des rénovations structurantes dans l’ancien. Il faut toutefois bien distinguer la nature des travaux (déductibles ou non) et planifier le calendrier pour éviter des erreurs déclaratives.
En location meublée (LMNP) au régime réel, la logique diffère : les charges sont déductibles et le bien peut être amorti (hors terrain). Le mobilier est amortissable. Selon la structure de l’opération, cela peut réduire fortement l’imposition sur les loyers pendant plusieurs années.
Ce point doit être étudié avec rigueur, car il implique un suivi comptable. L’intérêt est réel lorsque le logement est bien positionné sur un marché meublé (étudiants, jeunes actifs, mobilité).
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Réaliser des travaux avant location n’est pas seulement une démarche “locative”. C’est aussi une démarche patrimoniale. Un appartement rénové :
À l’inverse, un bien laissé en l’état peut subir une décote, car l’acheteur intègre : le coût des travaux, le risque d’aléas, et l’immobilisation du logement pendant le chantier. Cette décote se traduit souvent par une négociation agressive.
Dans un plan patrimonial long terme, la rénovation préventive est souvent plus rentable que la rénovation “subie” au moment de la revente.
Le budget dépend de la surface, de l’état initial, de la localisation et du niveau de finition. Voici quelques repères indicatifs :

Pour décider, il faut chiffrer :
Le ROI ne se limite donc pas au loyer. Un chantier bien choisi peut réduire la vacance, sécuriser l’exploitation, limiter les sinistres et préserver la valeur du bien.
La performance énergétique influence de plus en plus la capacité à louer et le niveau de loyer acceptable. Un logement énergivore signifie des charges importantes pour le locataire, une attractivité moindre, et une pression réglementaire croissante.
Les travaux à fort impact énergétique incluent :
L’objectif est de remonter la classe énergétique et de rendre le logement plus confortable. Au-delà de l’obligation réglementaire, c’est un levier de valorisation locative et patrimoniale.

Avant de rénover, il faut analyser le marché : niveau de loyer, attentes des locataires, concurrence, tension locative. Une rénovation haut de gamme n’est pas toujours rentable si le quartier ne valorise pas ce niveau de prestation.
Les locataires valorisent surtout : propreté, fonctionnalité, confort. Une cuisine simple mais propre et bien agencée vaut souvent mieux qu’un design coûteux mal adapté. Même logique pour la salle de bain : étanchéité, ventilation, finitions nettes.
Un budget travaux sérieux doit intégrer une marge de 10 à 15 % pour les imprévus. En rénovation, les surprises existent : réseaux, humidité, défauts cachés, contraintes copropriété. Mieux vaut provisionner que subir.
Réaliser des travaux avant de louer son appartement n’est pas une dépense “confort”. C’est souvent une décision stratégique qui améliore la rentabilité, sécurise l’exploitation et protège la valeur du patrimoine.
Les bénéfices sont multiples : conformité réglementaire, optimisation du loyer, réduction de la vacance, prévention des sinistres, optimisation fiscale selon le régime, et valorisation à la revente. Le point clé reste la cohérence : les travaux doivent correspondre au marché local, au positionnement du bien et à l’objectif patrimonial.
Réaliser des travaux avant de louer son appartement – En clair : un appartement rénové se loue mieux, se loue plus vite, et se revend plus facilement. À condition de choisir les bons travaux, au bon budget, avec un plan clair.